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JP DelevoyeInterrogé sur le fait qu’il fallait un Vincent Lindon, couronné d’un prix d’interprétation masculine reçu à Cannes, pour que soient évoqués les « laissés-pour-compte » de notre pays, le président du Conseil économique social et environnemental, Jean-Paul Delevoye a convenu que nous vivions « un moment de crispation et de rupture potentielle de notre société ».

Invité ce lundi 25 mai sur Europe 1, Jean-Paul Delevoye a dressé,une nouvelle fois, un constat sévère de la rupture entre le peuple et les politiques et s’est même alarmé du risque « d’avoir des conflits non pas entre les Etats mais à l’intérieur des Etats ».

Nous sommes sur des points de rupture à l’échelle de la planète. Le monde capitaliste ne peut pas continuer aujourd’hui à créer de la richesse s’il ne s’accompagne pas d’une amélioration de la performance sociale. Il y a un risque de dislocation sociale. Si l’augmentation des richesses se fait sur une minorité, la majorité des exclus se revengera et nous risquons d’avoir des conflits non pas entre les Etats mais à l’intérieur des Etats .

Ecouter l’interview ICI

Retrouver l’intégralité de l’articleMarianne

 

Management-enseignements-nature-encadrer-ses-salaries-TFace aux exigences du marché, l’entreprise tombe trop souvent dans le travers du « toujours plus vite », générant stress, fatigue et démoralisation chez ses collaborateurs.

 

Pourtant, en observant la nature, elle dispose d’enseignements pour repenser son organisation, sa gouvernance et son management.

Or, le premier enseignement à tirer de la nature est son fonctionnement en cycles longs, avec l’idée de revenir à une gestion plus mesurée de son entreprise et de ses équipes, estime Marion Breuleux, responsable du département management de l’organisme de formation EFE.

Slow food, slow travel, slow money, et maintenant slow business. Et si ces tendances, qui invitent à créer de nouveaux rythmes de vie, étaient synonymes d’un renouveau positif pour l’entreprise ? Et si la nature était, là encore, une source d’inspiration pour repenser votre vison et vos pratiques ?

Car, bien plus que d’ériger la lenteur en modèle, le mouvement « slow » propose de trouver des équilibres temporels pour innover, créer, produire ou manager.

Fini, donc, la course contre la montre et la logique d’urgence permanente. L’observation des rythmes naturels incite à repenser sa gouvernance et à reprendre le temps d’encadrer ses collaborateurs, de revaloriser le sens de leur travail et de partager ses projets.

Cette idée, Issac Getz, professeur de leadership à l’ESCP Europe, la traduit par l’image du manageur-jardinier, qui arrose, taille et fertilise pour faire grandir ses équipes.

Il revient, alors, aux entreprises d’apprécier, comme dans la nature, leurs produits sur l’intégralité de leur cycle de vie afin d’éviter les pertes et gaspillages, qui vont bien au-delà des matières premières et de l’énergie.

Quand un produit ou un déchet n’est plus valorisable, c’est aussi du savoir-faire, des connaissances, des compétences, qui sont perdues, souligne Claudio Vitari, chercheur à Grenoble École de Management.

Or, dans la nature, pas de déchet, pas de perte. Certains vont encore plus loin et appliquent ce principe à d’autres secteurs de l’entreprise, comme les ressources humaines.

Des RH reconnectées avec les cycles de la nature

Dans les pays du nord de l’Europe, notamment, les salariés effectuant des tâches pénibles sont largement reclassés grâce à la formation, afin de bénéficier de leurs compétences de façon plus durable.

Et cette reconnexion avec les cycles de la nature concerne également le management direct des équipes. Des entreprises ont, par exemple, choisi d’intégrer à leurs méthodes de travail, en particulier à leur gestion du temps, les phénomènes liés aux fonctionnements biologiques de leurs employés.

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Chef d'entreprise

 

Scanner l'entrepriseQuelle est la vérité d’une entreprise ? Comment l’appréhender dans toutes ses dimensions et la communiquer ?

La question peut sembler théorique, un rien ésotérique. Il n’en est rien, surtout quand cette entreprise est une multinationale cotée. Pour toutes ses parties prenantes, et en particulier pour la communauté financière, pouvoir évaluer sa performance globale (à la fois financière, sociale et environnementale) est un enjeu crucial et, au sens profond du terme, stratégique. Il s’agit en effet de percevoir, au delà de la conjoncture, le « destin » à moyen terme de toute entreprise, organisme vivant au sein de son écosystème en bouleversement permanent et accéléré.

Caroline de La Marnierre, Présidente/Fondatrice, Capitalcom, Agence de Communication Intégrée et Philippe Peuch Lestrade, Deputy CEO, IIRC et professeur Associé de l’Université, nous proposent leur éclairage dans un article de La Tribune, extraits…

De nouveaux acteurs

Longtemps appuyé essentiellement sur des pays et des Etats, le système mondial voit monter en lice de nouveaux acteurs au premier rang desquels villes géantes, ONG internationales et méga-entreprises avec des centres de décisions multiples et épars. Dans les 20 ans qui viennent, les 600 plus grandes villes du monde vont générer les deux tiers de la richesse et la mégapole va devenir l’entité de référence pour le marketing global. Avant 2020, les premières capitalisations boursières rivaliseront avec certains des quinze plus gros PIB de la planète.

Les déséquilibre introduits par la mondialisation

Certes la mondialisation offre des opportunités considérables – 700 millions de personnes sont sorties de la pauvreté en dix ans – mais elle introduit des déséquilibres inquiétants. Un centième des habitants de la planète possèdent la moitié de sa richesse et ils sont toujours 900 millions sans accès à de l’eau potable. Parce qu’elle est hyper-connectée à cet écosystème, l’entreprise sait que sa performance n’est plus univoque, qu’elle doit être équilibrée. La responsabilité n’est plus une option bienveillante. C’est un impératif stratégique.

Innovations françaises

Pour sa part, la France fut l’un des tous premiers pays à réglementer la notion de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise, dès 2001. Elle est restée innovante avec le « Grenelle II » qui, depuis 2012, oblige les entreprises à intégrer des indicateurs RSE dans leurs rapports en les faisant vérifier. Une véritable dynamique est également à l’œuvre à l’échelle européenne, sous l’impulsion de la Directive du 15 novembre 2014 relative à la publication d’information non financière, qui a notamment mentionné le rapport intégré lors des débats parlementaires. Certaines entreprises ont déjà pris les devants dans leurs activités quotidiennes, au-delà des contraintes réglementaires d’information…

L’exercice exige de l’entreprise un nouveau langage, une nouvelle communication qui ne pourra plus se contenter de juxtaposer d’un côté des ratios comptables au cordeau, de l’autre de vagues promesses éthiques. Désormais, il convient d’expliquer le cheminement de l’entreprise vers « la » création de valeur, à partir des différents enjeux économiques/financiers, mais également humains, technologiques, sociaux, sociétaux et environnementaux.

Fédérer éléments financiers et non financiers

C’est toute l’ambition des entreprises qui sont à l’origine de l’International Integrated Reporting Council (IIRC) et du rapport intégré, soutenues par des organismes internationaux tels que la Banque Mondiale, ou encore l’International Organization of Securities Commissions (IOSCO).

Lourde tâche ! Fédérer dans un même document les éléments financiers qui démontrent la rentabilité passée et les éléments extra-financiers qui conditionnent la création de valeur actuelle et future, n’est pas chose facile. Mais cette démarche est essentielle dans la mesure où elle contribue à une évolution positive du management et du processus de prise de décision.

Éviter les soupçons de « green washing »

Il faudra en particulier mettre au point des métriques fiables, afin que les critères non financiers soient pris autant au sérieux que les données financières et ne prêtent plus le flanc aux suspicions de « green washing ». Ce nouveau tableau de bord devra afficher, de manière coordonnée, mesurable et convaincante, santé financière, performance sociale et respect de l’environnement, mais sans que ces indicateurs soient forcément normés.

Chaque entreprise se doit de concevoir ses propres indicateurs (en déploiement de l’ossature proposée par l’IIRC), en fonction de son secteur d’activité, de sa stratégie et de son ADN.

L’apport du rapport intégré

Dans un monde complexe aux enjeux multiformes, le rapport intégré apporte du sens et de la perspective. Pour appréhender au plus près la valeur de l’entreprise et sa position concurrentielle à terme, investisseurs et analystes ont besoin d’évaluer sa trajectoire stratégique et son modèle de développement. C’est la mission du rapport intégré. Parmi le millier d’entreprises qui ont déjà franchi le pas, on compte de grandes multinationales telles que ….

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La Tribune

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Evolution Chine WPAux moments où les Deux Sessions approchent de la fin à Beijing, le Quotidien du Peuple en ligne a interviewé Nathalie Bastianelli.

Bonne connaisseuse de l’Empire du milieu où elle a vécu, Nathalie a fondé Belong & Partners, une plateforme dédiée à la rencontre des entreprises occidentales et du monde émergent autour des enjeux du développement durable.

Je vous en livre un extrait

Quotidien du Peuple en ligne : comment percevez-vous le rôle du gouvernement dans la protection de l’environnement en Chine ?

Nathalie Bastianelli : La Chine est reconnue par un grand nombre d’experts internationaux comme le pays qui a la volonté de faire évoluer son modèle économique vers un modèle plus responsable et plus durable et qui investit le plus sur les solutions. En Chine, l’organisation centralisée du pouvoir fait que les gens sont habitués à ce que les problèmes soient gérés par le gouvernement. La solution vient du haut, il y a cependant une difficulté à la faire appliquer au niveau des provinces du fait d’une forte corruption. Mon message vient dire que le gouvernement fait bien sûr sa part mais que d’autres acteurs doivent également faire leur part, notamment les entreprises privées chinoises ou étrangères implantées ici, ainsi que les consommateurs chinois.

Il y a une grande conscience de la population chinoise sur le contexte actuel : pour eux le changement climatique n’est pas une menace mais une réalité. Mais la plupart des Chinois n’ont pas encore conscience qu’ils peuvent aider à changer les choses.

Quotidien du Peuple en ligne : quelle est la situation des marques organiques chinoises ?

Nathalie Bastianelli : Le problème en Chine, c’est que les Chinois n’ont pas confiance dans leurs propres produits organiques. Je connais une marque chinoise de produits d’hygiène (shampoing, produits pour la maison). Ce sont des produits 100% fabriqués en Chine et 100% organiques, or le producteur doit prétendre qu’ils sont « fabriqués en Australie » sur leur site et dans la communication pour les vendre ici.

Les Chinois font confiance aux marques étrangères mais pas aux marques locales. C’est un vrai problème. Le gouvernement devrait aider ces entreprises-là, faciliter leur développement. Pour donner un exemple, on interdit depuis quelques mois à ces sociétés d’utiliser le terme « organique » car ce mot doit maintenant être réservé pour les produits alimentaires mais on ne leur apporte pas la solution sur comment communiquer sur leur mode de production durable.

Quotidien du Peuple en ligne : comment voyez-vous l’état économique actuel de la Chine et son avenir ?

Nathalie Bastianelli : La croissance en Chine est en baisse depuis quelques années. J’y vois deux raisons principales : la Chine est encore basée sur un modèle d’exportation et les crises des pays occidentaux ont une répercussion immédiate sur la croissance chinoise. L’économie du pays ne reposant pas encore suffisamment sur son marché intérieur.

Par ailleurs, la Chine souhaite passer d’une économie des industries lourdes à une économie de services pour faire évoluer son modèle et le rendre plus qualitatif. Cela va contribuer à rendre sa croissance à venir plus équilibrée. Un officiel chinois lors d’un déplacement en France a ainsi évoqué :

l’Europe a réussi sa révolution industrielle, ces 30 dernières années nous nous sommes développés sur votre modèle et nous avons échoué, le prix à payer est trop cher au niveau environnemental et humain. Mais l’Europe est en train de rater sa révolution verte, et nous allons réussir la notre .

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Quotidien Chinois

Image chine vs occidentMinh-Thu Dinh Audouin, journaliste scientifique et Olivier Dubigeon, fondateur de Sustainway un cabinet spécialisé en développement responsable, nous invite à un voyage à travers différents mode de pensée.

Leur ouvrage, « Regards croisés entre Occident et Asie sur le développement responsable – La chimie à l’épreuve de la sagesse », propose une réflexion inédite autour de la chimie dans un monde en rupture sociétale et écologique. Interview croisée de ces deux auteurs dont la démarche originale interpelle.

Votre approche philosophique voire spirituelle développée dans cet ouvrage est atypique. Pourquoi avoir développé votre réflexion sur le développement responsable sous ce prisme ci ?

O. D. : Nous sommes entrés en transition : entre globalisation (générant un croisement ou « choc » des cultures) et incertitudes (résultantes de la montée d’une double rupture sociétale et environnementale), l’économie de marché, la science (en particulier la chimie), la technologie, l’exercice même de la démocratie sont réinterrogés. Nous avons besoin de réintégrer le sens dans ce que nous faisons, vers la cible d’un développement harmonieux et à long terme. Ce qui conduit à réinterroger le sens de « valeur ». Au Moyen Âge « valeur » signifiait « force de vie » : cela ne saurait se confondre avec le PIB ou le chiffre d’affaire…

M.-T. D.-A. : Habituellement, on aborde le « développement durable » en mettant en avant des produits, des technologies (piles à combustibles, panneaux photovoltaïques…), ou encore des connaissances physico-chimiques (analyses de cycles de vie de la matière, etc.), des réglementations, des labels… Nous ajoutons qu’un « développement » ne sera « responsable » que s’il s’inscrit dans un développement des capacités humaines, à savoir : prendre ensemble notre avenir en main plutôt que subir les pressions (sociétales, écologiques, réglementaires, court terme…) et entrer en compétition individuelle à tout prix ; ouvrir  notre conscience au monde et à l’altérité et entrer dans la logique de la réciprocité sur cet espace commun qu’est la planète.

Vous faites appel à l’apport de la culture asiatique. Que nous apprend-elle sur le développement responsable ? De notre relation au monde ?

M.-T. D.-A. : L’une des sagesses, enseignée par Confucius, est de sans cesse étudier et apprendre à se connaître – ce « travail sur soi » est aussi l’objectif du Bouddhisme et du Taoïsme -, en ayant à tout moment conscience de ses limites du moment, et donc en renonçant à l’illusion que l’on puisse tout faire, tout savoir, tout contrôler. C’est cette sagesse d’humilité qui ouvre notre regard vers les autres et sur le monde, dont nous sommes interdépendants, et qui nous entraîne à l’écoute et au partage dans la confiance. Selon les sagesses asiatiques, l’humain a toutes les solutions en lui pourvu qu’il s’écoute et ne se laisse pas gouverner par des besoins illusoires. Le monde se construit ainsi à l’image de l’humain qui apprend à ouvrir sa conscience par l’expérience.

O. D. : La conscience de ses propres limites pose la question : l’entreprise entretient-elle le vivant ou le dégrade-t-elle ? Y répondre passe par l’établissement d’une « éthique du soin » :

•   rétablir la circulation des flux de matière, d’énergie, les flux financiers, humains, de motivations, d’idées, etc… Et aussi les flux entre les parties prenantes : consommateurs, collectivités territoriales, citoyens,… (l’harmonie des flux est au cœur de la sagesse taoïste) ;
•    passer de la logique de domination (dans la compétition) à la coopération (ouverture à l’altérité).

Le défi consiste à réintégrer le principe de réciprocité entre l’Homme et la Nature en vue de restaurer un fonctionnement équilibré de la Société.

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RSE Magazine

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transition-page5La RSE s’exprime et se résume encore aujourd’hui trop souvent au travers de contraintes économiques, d’obligations réglementaires, d’initiatives militantes et d’actions philanthropiques.

Les organisations françaises (publiques comme privées) prennent de plus en plus de retard sur le terrain de la RSE alors que celle-ci marque des avancées et s’annonce un peu plus chaque année comme une obligation.

Et je ne peux que souscrire à l’analyse de Martin Richer dans son billet de début d’année : 2015, année RSE ? dont voici quelques éléments clés.

Une année s’achève, une autre commence… et la RSE progressivement s’impose. La Responsabilité Sociale des Entreprises n’est pas un supplément d’âme, un catalogue de bonnes intentions décoratives ou l’une de ces modes managériales aussi anecdotique qu’éphémère. Au contraire, la RSE s’impose parce qu’elle suscite un nouveau rapport au travail, à l’entreprise et à l’avenir.

Voici les 7 raisons, que Martin développe et argumente, pour lesquelles les dirigeants et les managers doivent non seulement s’y intéresser, mais s’y investir.

  1. La RSE est une démarche de conviction
  2. C’est une démarche d’engagement
  3. Elle suscite un indispensable renouveau de l’entreprise
  4. C’est un facteur de différenciation
  5. Mais aussi un levier de transformation
  6. La RSE poursuit son mouvement de mondialisation
  7. Elle nous concerne tous… ainsi que nos enfants

Et je partagerais sa conclusion :

Oui, la RSE est là pour durer. Et bien au-delà de 2015, chaque année la rapproche de ce que de ce qu’il appelle la RSE transformative et ce que je crois moi être la réponse à une transition sociétale inéluctable.

Choisir de rester en dehors de l’évolution vers une croissance soutenable et un mode de création de valeur durable est encore une option pour 2015. Mais cela risque de finir par coûter très cher… Claude Fussler, le disait déjà il y a treize ans lors de la conférence de la Terre à Johannesburg :

« Il n’est pas d’entreprise qui gagne dans un monde qui perd »

 

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Martin Richer

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MultinationalesL’Assemblée nationale a rejeté jeudi 29 janvier une proposition de loi écologiste qui prévoit de rendre les entreprises françaises responsables d’éventuels agissements contraires aux droits humains, aux réglementations sanitaires et environnementales causés par leurs sous-traitants dans les pays en développement.

Une entreprise doit-elle répondre de ses actes quand, à l’autre bout du monde, les conditions de production de ses produits violent des droits de l’homme ?

Des éléments de réponses ICI et de contexte dans l’extrait d’article suivant…

Grâce à la mondialisation, les entreprises développent aujourd’hui de nombreuses filiales en dehors du sol français et européen. Toutefois, ces implantations à l’étranger ne s’accompagnent pas souvent, pour ne pas dire très rarement, des garde-fous nécessaires pour garantir que leurs activités ne nuisent pas à l’intérêt général et au bien commun, à commencer par celui des populations locales.

Le principe d’autonomie juridique des entreprises rend vide la notion de « groupe » : ainsi, une société-mère, et/ou donneuse d’ordre, n’est pas tenue responsable des activités (ni des conditions de travail ou de production) de ses filiales et sous-traitants. D’après une étude menée par ECCJ (European Coalition for Corporate Justice), 65 % des entreprises cotées en France auraient été mises en cause dans des controverses sur les droits humains au cours des dix dernières années.

Rappelons que François HOLLANDE s’était engagé durant la campagne présidentielle à ce que « soient traduits dans la loi les principes de responsabilité des maisons-mères vis-à-vis des agissements de leurs filiales à l’étranger lorsqu’ils provoquent des dommages environnementaux et sanitaires ».

A cet effet, une proposition de loi a été faite en 2012. Deux autres propositions, au contenu similaire, instaurant un devoir de vigilance des entreprises donneuses d’ordre à l’égard de leurs filiales et sous-traitants, ont été déposées en 2013, puis le 29 avril 2014. Le texte a été inscrit par les Verts à l’ordre du jour de l’Assemblée le 29 janvier prochain.

Or, la Commission des Lois, chargée d’étudier la proposition, a rendu un avis défavorable le 22 janvier à ce sujet, apparemment sur demande du Ministère de l’Economie et des Finances.

Signalons, au passage, qu’une disposition de la loi Croissance et Activité, plus connue sous le nom de « Loi Macron », vient d’être effacée. Pour un léger détail. Dans le texte soumis au Conseil d’Etat, M. Macron prévoyait l’intégration (à l’article 83) d’une modification du Code civil, conduisant à élargir la finalité sociale de l’entreprise par la prise en compte de « l’intérêt général » après celui de ses actionnaires. Cette disposition vient d’être retirée aussi discrètement qu’elle y avait été introduite.

Par ailleurs, au-delà du cadre national, il s’agit bien d’établir un règlement européen ambitieux, notamment en matière de transparence quant à la provenance des ressources et leur traitement (qui sont les fournisseurs ? Comment travaillent-ils ? Où sont-ils localisés ?).

Rappelons que 2015 est l’Année européenne du Développement et que le mois de Juin aura pour thème « Croissance verte et durable, emplois décents et entreprises ».

L’Union européenne, en tant que premier donateur mondial et acteur-clé du développement, a un rôle certain à jouer à ce sujet cette année… et celles à venir.

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Sauvons l'europe

Pour aller plus loin :
Le gouvernement renvoie la RSE aux calendes grecques
Le « devoir de vigilance » des entreprises renvoyé à plus tard
LOI SUR LE DEVOIR DE VIGILANCE DES MULTINATIONALES : QUEL AVENIR POUR LE TEXTE ?
Gouvernement et députés sacralisent l’irresponsabilité des multinationales
 
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