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cynthia-fleuryPhilosophe et psychanalyste, Cynthia Fleury insiste sur l’importance pour chacun de construire son propre destin. C’est à cette condition que la démocratie sera sauvegardée.

Depuis ces différents postes d’observation, la philosophe constate les dérives et les dysfonctionnements propres à l’individu et à la démocratie, à l’heure où, la crise aidant, chacun se replie sur soi. Comment y remédier ? Comment remettre le sujet au cœur du collectif ?

C’est à ces questions brûlantes que s’attelle son nouvel essai, Les Irremplaçables, qui prolonge la réflexion entamée dans Les Pathologies de la démocratie et La Fin du courage.

Vous vous inscrivez dans le champ de la philosophie politique ; la démocratie est au centre de votre réflexion.

Oui, et les irremplaçables, au départ, c’était pour moi les démocrates. Si je parle précisément d’engagement, c’est que je ne vis pas dans cette illusion de la pérennité démocratique. A l’heure où les intégrismes, les fascismes et les populismes prolifèrent, le souci de la durabilité démocratique apparaît ; comment protéger la démocratie ?

Je me suis rendu compte qu’un individu qui n’a pas travaillé à faire émerger une juste individuation ne se souciera pas de préserver la démocratie. Le souci de soi et le souci de la cité sont intimement liés.

Vous évoquez ainsi la dérive « entropique » des démocraties contemporaines. De quoi s’agit-il ?

En thermodynamique, l’entropie mesure l’état de désordre d’un système : elle croît lorsque celui-ci évolue vers un désordre accru. Or, depuis une trentaine d’années, les démocraties occidentales sont traversées par une dynamique de travestissement, de marchandisation délirante et sans précédent, qui fait de nous des entités interchangeables, remplaçables, mises au service de l’idole croissance. Chacun peut en faire l’expérience, que ce soit dans l’univers de la finance, de la consommation, de l’écologie, à travers tous ces phénomènes de captation, de rationalisation extrême, de rentabilité outrancière qui ne s’interrogent ni sur leurs présupposés ni sur leurs attendus.

Pourriez-vous donner un exemple ?

Chez Tocqueville, les principes se changent en passions ; ainsi, la passion du principe d’individuation, c’est l’individualisme. Le sujet individualiste est passionné par lui-même, autocentré, replié, grisé par l’ivresse de soi, alors que le sujet individué met en place un regard sur le monde extérieur, déploie et assure un socle, une assise, qui lui permet d’entrer en relation avec ce qui l’entoure. L’aventure de l’irremplaçabilité, la voie de l’individuation, ressemble ainsi sous maints aspects à celle de la dépersonnalisation. Il ne s’agit pas de devenir une personnalité, d’être dans la mise en scène de l’ego. L’enjeu est au contraire relationnel : il s’agit de se décentrer pour se lier aux autres, au monde, au sens.

Comment accéder à cette individuation ?

Faire advenir du temps pour soi n’est pas gagné d’avance. C’est une exigence permanente. Pour se connaître soi-même et accéder à la qualité de présence qu’il doit au monde, le sujet doit passer par trois dynamiques de connaissance et de comportement, qui sont autant d’épreuves du feu : l’imagination, la douleur et l’humour.

Le courageux, au centre de votre essai La Fin du courage, c’était déjà pour vous un sujet irremplaçable ?

Oui, irréductible aux autres, puisque le courageux ne délègue pas à d’autres le soin de faire ce qu’il y a à faire. Dans La Fin du courage. La reconquête d’une vertu démocratique, je montre comment l’éthique du courage est un moyen de lutter contre l’entropie démocratique. Cette vertu, qui réarticule l’éthique et le politique, est tout à la fois un outil de protection du sujet et de régulation des sociétés. Dans l’intimité profonde que le sujet courageux entretient avec sa conscience, il y a la qualité d’un engagement public, pour les autres.

La fin des Irremplaçables est consacrée à l’éducation. Pourquoi ?

Il n’y a pas de projet démocratique sans projet éducatif, tout à la fois familial et social. Si intime soit-elle, liée à l’amour irremplaçable qui unit parents et enfants, l’éducation reste l’entreprise publique majeure. A cet égard, le temps de la transmission est un temps très particulier, un temps qui s’étire.

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télérama

 

TravailUn éclairage institutionnaliste à partir d’une analyse de la littérature sur les codes de conduite.

Les travaux autour de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) se sont considérablement développés au niveau international depuis une dizaine d’années. Les crises répétées de nos modèles sociaux ont amené les chercheurs à s’interroger sur les modes alternatifs de régulation du capitalisme et, ce faisant, à faire de la RSE une voie de recherche féconde et salutaire – y compris dans l’opinion publique.

C’est particulièrement le cas en management et depuis peu en économie des ressources humaines où la question du rôle de la RSE dans les pratiques d’encadrement de la relation d’emploi est de plus en plus débattue. Pour autant, peu de place est accordée à l’analyse critique des dispositifs de RSE intra-firme, lesquels se fondent pourtant souvent sur des pratiques ambivalentes qui laissent apparaître des formes de manipulation des salariés au travail.

Virgile Chassagnon et Benjamin Dubrion nous livrent leur thèse dans cet article à partir d’une analyse de la littérature sur le concept de manipulation appliquée aux cas des codes de conduite des entreprises.

Selon eux, par certains des dispositifs mobilisés, la gestion des ressources humaines dite aujourd’hui « responsable » participe d’une tentative de manipulation des salariés par les entreprises qui est loin de garantir que les travailleurs auraient toujours à gagner du développement de la RSE.

Soulignons qu’il ne s’agit pas ici d’avancer que la RSE serait par nature et donc dans toutes les organisations un outil de manipulation des travailleurs.

Virgile Chassagnon et Benjamin Dubrion cherchent plutôt à montrer que certains des dispositifs qui l’instrumentent peuvent être utilisés par les firmes à leur profit à des fins de manipulation des salariés, l’idée étant que via la RSE, les salariés adoptent des comportements servant d’abord, au-delà des apparences et des discours, les intérêts des firmes.

Ils s’intéressent tout particulièrement dans ce texte aux instruments phares adoptés par la quasi-totalité des entreprises se présentant aujourd’hui comme socialement responsables, les codes de conduite.

Précisons que le travail mené ici, qui doit être vu comme un essai, s’appuie sur une analyse de la littérature portant sur des études menées depuis une trentaine d’années sur les codes de conduite, leur diversité et leur évolution.

 

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Revue Régulation

 

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Temps de cerveauEcrans publicitaires dans la rue, à la télévision, sur le smartphone jusqu’à l’intérieur d’un article. Courriels et alertes en tout genre, suggestions des moteurs de recherches, conceptions des rayonnages de supermarchés…

 

Commerciaux et services marketing se livrent une guerre sans merci avec pour territoire à conquérir l’attention que l’on accorde à telle ou telle information : notre temps de cerveau disponible. Face à ces sollicitations de tous les instants, de grands principes pour une écologie de l’attention émergent. Réflexions.

Apprentis publicitaires et marketeurs en herbe apprennent comment capter notre temps de cerveau disponible. Il faut dire qu’ils ont du travail ! Dans notre environnement saturé de publicités, d’informations, d’alertes et de notifications en tous genres, une minute d’attention est très difficile à obtenir et… commence à coûter très cher.

Deux ouvrages relativement récents aident à comprendre comment fonctionne cette « économie de l’attention » : L’économie de l’attention, nouvel horizon du capitalisme  et Pour une écologie de l’attention, un manifeste pour une alternative à la sur-occupation de notre esprit.

Yves Citton, professeur de littérature à l’université de Grenoble, a coordonné le premier et écrit le second.

Un modèle économique comme celui de Google repose essentiellement sur le fait de vendre notre attention à des annonceurs. Et quand Patrick Le Lay disait que le travail de TF1 était de vendre du temps de cerveau disponible, c’était la même chose. Notre attention est une ressource rare. Il y a toute une économie qui s’est constituée pour la vendre. Globalement, comme le dit Georg Franck (économiste et urbaniste), les mass media offrent de l’information pour moissonner de l’attention. Un média comme Google offre une information apparemment gratuite, mais en fait il s’agit pour lui de récolter et packager l’attention afin de la revendre ensuite à des annonceurs », explique-t-il.

La publicité a plus d’importance que la qualité réelle du produit

Quand nous achetons une voiture ou un ordinateur, nous prenons souvent le temps de comparer les caractéristiques : le prix, les capacités… Mais nous n’avons quasiment jamais l’occasion de regarder le lieu de fabrication, le salaire moyen des ouvriers, les dégradations environnementales liées à la production. Ce n’est pas tant que ces informations sont indisponibles. Nous n’avons tout simplement pas assez de temps à consacrer au choix d’un ordinateur pour compulser l’ensemble des articles qui pourraient influencer notre choix. Il est donc impossible d’avoir le meilleur équilibre entre prix, qualité, respect de l’environnement.

Yves Citton pointe également le changement profond de notre « environnement attentionnel ». Dans notre univers de machines et de multiples filtres, la façon dont notre attention se construit est très différente de celle qu’ont pu connaître les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire ou les paysans du Moyen-Âge.« Il faut donc s’attendre à ce que notre subjectivité évolue en conséquence », conclut-il.

Alors faut-il se protéger contre les changements qui bouleversent la gestion de notre temps de cerveau disponible ? Chacun peut apprécier les avantages et inconvénients des impacts sur notre attention causés par les nouvelles technologies. Mais il est important de garder un minimum de contrôle. Pour cela, Yves Citton propose, à la fin de son ouvrage Pour une écologie de l’attention, « douze maximes d’écosophie attentionnelle ».

Pour les consommateurs qui souhaitent être plus attentifs à leurs achats, la solution n’est donc pas forcément de se bourrer le crâne de tous les articles disponibles. Il est sûrement préférable de trouver un bon label auquel faire confiance. Mais comme pour tous les « condensateurs d’informations », il ne faut pas oublier de garder un œil sur les critères de sélection de ces labels, ainsi qu’éventuellement sur les individus, associations ou entreprises qui les contrôlent.

« Déclaration des droits attentionnels »

Il semble cependant nécessaire de ne pas se contenter de quelques principes individuels et de se diriger vers une véritable politique de l’attention, afin de ne pas laisser à quelques entreprises le soin de décider de la façon dont nos capacités attentionnelles doivent être gérées. L’entrepreneur américain Tom Hayes, connu dans la Silicon Valley et pour ses chroniques dans le Wall Street Journal, s’est ainsi essayé à une sorte de « déclaration des droits attentionnels ». Les sept articles sont :

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basta

 

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JP DelevoyeInterrogé sur le fait qu’il fallait un Vincent Lindon, couronné d’un prix d’interprétation masculine reçu à Cannes, pour que soient évoqués les « laissés-pour-compte » de notre pays, le président du Conseil économique social et environnemental, Jean-Paul Delevoye a convenu que nous vivions « un moment de crispation et de rupture potentielle de notre société ».

Invité ce lundi 25 mai sur Europe 1, Jean-Paul Delevoye a dressé,une nouvelle fois, un constat sévère de la rupture entre le peuple et les politiques et s’est même alarmé du risque « d’avoir des conflits non pas entre les Etats mais à l’intérieur des Etats ».

Nous sommes sur des points de rupture à l’échelle de la planète. Le monde capitaliste ne peut pas continuer aujourd’hui à créer de la richesse s’il ne s’accompagne pas d’une amélioration de la performance sociale. Il y a un risque de dislocation sociale. Si l’augmentation des richesses se fait sur une minorité, la majorité des exclus se revengera et nous risquons d’avoir des conflits non pas entre les Etats mais à l’intérieur des Etats .

Ecouter l’interview ICI

Retrouver l’intégralité de l’articleMarianne

 

Management-enseignements-nature-encadrer-ses-salaries-TFace aux exigences du marché, l’entreprise tombe trop souvent dans le travers du « toujours plus vite », générant stress, fatigue et démoralisation chez ses collaborateurs.

 

Pourtant, en observant la nature, elle dispose d’enseignements pour repenser son organisation, sa gouvernance et son management.

Or, le premier enseignement à tirer de la nature est son fonctionnement en cycles longs, avec l’idée de revenir à une gestion plus mesurée de son entreprise et de ses équipes, estime Marion Breuleux, responsable du département management de l’organisme de formation EFE.

Slow food, slow travel, slow money, et maintenant slow business. Et si ces tendances, qui invitent à créer de nouveaux rythmes de vie, étaient synonymes d’un renouveau positif pour l’entreprise ? Et si la nature était, là encore, une source d’inspiration pour repenser votre vison et vos pratiques ?

Car, bien plus que d’ériger la lenteur en modèle, le mouvement « slow » propose de trouver des équilibres temporels pour innover, créer, produire ou manager.

Fini, donc, la course contre la montre et la logique d’urgence permanente. L’observation des rythmes naturels incite à repenser sa gouvernance et à reprendre le temps d’encadrer ses collaborateurs, de revaloriser le sens de leur travail et de partager ses projets.

Cette idée, Issac Getz, professeur de leadership à l’ESCP Europe, la traduit par l’image du manageur-jardinier, qui arrose, taille et fertilise pour faire grandir ses équipes.

Il revient, alors, aux entreprises d’apprécier, comme dans la nature, leurs produits sur l’intégralité de leur cycle de vie afin d’éviter les pertes et gaspillages, qui vont bien au-delà des matières premières et de l’énergie.

Quand un produit ou un déchet n’est plus valorisable, c’est aussi du savoir-faire, des connaissances, des compétences, qui sont perdues, souligne Claudio Vitari, chercheur à Grenoble École de Management.

Or, dans la nature, pas de déchet, pas de perte. Certains vont encore plus loin et appliquent ce principe à d’autres secteurs de l’entreprise, comme les ressources humaines.

Des RH reconnectées avec les cycles de la nature

Dans les pays du nord de l’Europe, notamment, les salariés effectuant des tâches pénibles sont largement reclassés grâce à la formation, afin de bénéficier de leurs compétences de façon plus durable.

Et cette reconnexion avec les cycles de la nature concerne également le management direct des équipes. Des entreprises ont, par exemple, choisi d’intégrer à leurs méthodes de travail, en particulier à leur gestion du temps, les phénomènes liés aux fonctionnements biologiques de leurs employés.

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Chef d'entreprise

 

Scanner l'entrepriseQuelle est la vérité d’une entreprise ? Comment l’appréhender dans toutes ses dimensions et la communiquer ?

La question peut sembler théorique, un rien ésotérique. Il n’en est rien, surtout quand cette entreprise est une multinationale cotée. Pour toutes ses parties prenantes, et en particulier pour la communauté financière, pouvoir évaluer sa performance globale (à la fois financière, sociale et environnementale) est un enjeu crucial et, au sens profond du terme, stratégique. Il s’agit en effet de percevoir, au delà de la conjoncture, le « destin » à moyen terme de toute entreprise, organisme vivant au sein de son écosystème en bouleversement permanent et accéléré.

Caroline de La Marnierre, Présidente/Fondatrice, Capitalcom, Agence de Communication Intégrée et Philippe Peuch Lestrade, Deputy CEO, IIRC et professeur Associé de l’Université, nous proposent leur éclairage dans un article de La Tribune, extraits…

De nouveaux acteurs

Longtemps appuyé essentiellement sur des pays et des Etats, le système mondial voit monter en lice de nouveaux acteurs au premier rang desquels villes géantes, ONG internationales et méga-entreprises avec des centres de décisions multiples et épars. Dans les 20 ans qui viennent, les 600 plus grandes villes du monde vont générer les deux tiers de la richesse et la mégapole va devenir l’entité de référence pour le marketing global. Avant 2020, les premières capitalisations boursières rivaliseront avec certains des quinze plus gros PIB de la planète.

Les déséquilibre introduits par la mondialisation

Certes la mondialisation offre des opportunités considérables – 700 millions de personnes sont sorties de la pauvreté en dix ans – mais elle introduit des déséquilibres inquiétants. Un centième des habitants de la planète possèdent la moitié de sa richesse et ils sont toujours 900 millions sans accès à de l’eau potable. Parce qu’elle est hyper-connectée à cet écosystème, l’entreprise sait que sa performance n’est plus univoque, qu’elle doit être équilibrée. La responsabilité n’est plus une option bienveillante. C’est un impératif stratégique.

Innovations françaises

Pour sa part, la France fut l’un des tous premiers pays à réglementer la notion de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise, dès 2001. Elle est restée innovante avec le « Grenelle II » qui, depuis 2012, oblige les entreprises à intégrer des indicateurs RSE dans leurs rapports en les faisant vérifier. Une véritable dynamique est également à l’œuvre à l’échelle européenne, sous l’impulsion de la Directive du 15 novembre 2014 relative à la publication d’information non financière, qui a notamment mentionné le rapport intégré lors des débats parlementaires. Certaines entreprises ont déjà pris les devants dans leurs activités quotidiennes, au-delà des contraintes réglementaires d’information…

L’exercice exige de l’entreprise un nouveau langage, une nouvelle communication qui ne pourra plus se contenter de juxtaposer d’un côté des ratios comptables au cordeau, de l’autre de vagues promesses éthiques. Désormais, il convient d’expliquer le cheminement de l’entreprise vers « la » création de valeur, à partir des différents enjeux économiques/financiers, mais également humains, technologiques, sociaux, sociétaux et environnementaux.

Fédérer éléments financiers et non financiers

C’est toute l’ambition des entreprises qui sont à l’origine de l’International Integrated Reporting Council (IIRC) et du rapport intégré, soutenues par des organismes internationaux tels que la Banque Mondiale, ou encore l’International Organization of Securities Commissions (IOSCO).

Lourde tâche ! Fédérer dans un même document les éléments financiers qui démontrent la rentabilité passée et les éléments extra-financiers qui conditionnent la création de valeur actuelle et future, n’est pas chose facile. Mais cette démarche est essentielle dans la mesure où elle contribue à une évolution positive du management et du processus de prise de décision.

Éviter les soupçons de « green washing »

Il faudra en particulier mettre au point des métriques fiables, afin que les critères non financiers soient pris autant au sérieux que les données financières et ne prêtent plus le flanc aux suspicions de « green washing ». Ce nouveau tableau de bord devra afficher, de manière coordonnée, mesurable et convaincante, santé financière, performance sociale et respect de l’environnement, mais sans que ces indicateurs soient forcément normés.

Chaque entreprise se doit de concevoir ses propres indicateurs (en déploiement de l’ossature proposée par l’IIRC), en fonction de son secteur d’activité, de sa stratégie et de son ADN.

L’apport du rapport intégré

Dans un monde complexe aux enjeux multiformes, le rapport intégré apporte du sens et de la perspective. Pour appréhender au plus près la valeur de l’entreprise et sa position concurrentielle à terme, investisseurs et analystes ont besoin d’évaluer sa trajectoire stratégique et son modèle de développement. C’est la mission du rapport intégré. Parmi le millier d’entreprises qui ont déjà franchi le pas, on compte de grandes multinationales telles que ….

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La Tribune

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Evolution Chine WPAux moments où les Deux Sessions approchent de la fin à Beijing, le Quotidien du Peuple en ligne a interviewé Nathalie Bastianelli.

Bonne connaisseuse de l’Empire du milieu où elle a vécu, Nathalie a fondé Belong & Partners, une plateforme dédiée à la rencontre des entreprises occidentales et du monde émergent autour des enjeux du développement durable.

Je vous en livre un extrait

Quotidien du Peuple en ligne : comment percevez-vous le rôle du gouvernement dans la protection de l’environnement en Chine ?

Nathalie Bastianelli : La Chine est reconnue par un grand nombre d’experts internationaux comme le pays qui a la volonté de faire évoluer son modèle économique vers un modèle plus responsable et plus durable et qui investit le plus sur les solutions. En Chine, l’organisation centralisée du pouvoir fait que les gens sont habitués à ce que les problèmes soient gérés par le gouvernement. La solution vient du haut, il y a cependant une difficulté à la faire appliquer au niveau des provinces du fait d’une forte corruption. Mon message vient dire que le gouvernement fait bien sûr sa part mais que d’autres acteurs doivent également faire leur part, notamment les entreprises privées chinoises ou étrangères implantées ici, ainsi que les consommateurs chinois.

Il y a une grande conscience de la population chinoise sur le contexte actuel : pour eux le changement climatique n’est pas une menace mais une réalité. Mais la plupart des Chinois n’ont pas encore conscience qu’ils peuvent aider à changer les choses.

Quotidien du Peuple en ligne : quelle est la situation des marques organiques chinoises ?

Nathalie Bastianelli : Le problème en Chine, c’est que les Chinois n’ont pas confiance dans leurs propres produits organiques. Je connais une marque chinoise de produits d’hygiène (shampoing, produits pour la maison). Ce sont des produits 100% fabriqués en Chine et 100% organiques, or le producteur doit prétendre qu’ils sont « fabriqués en Australie » sur leur site et dans la communication pour les vendre ici.

Les Chinois font confiance aux marques étrangères mais pas aux marques locales. C’est un vrai problème. Le gouvernement devrait aider ces entreprises-là, faciliter leur développement. Pour donner un exemple, on interdit depuis quelques mois à ces sociétés d’utiliser le terme « organique » car ce mot doit maintenant être réservé pour les produits alimentaires mais on ne leur apporte pas la solution sur comment communiquer sur leur mode de production durable.

Quotidien du Peuple en ligne : comment voyez-vous l’état économique actuel de la Chine et son avenir ?

Nathalie Bastianelli : La croissance en Chine est en baisse depuis quelques années. J’y vois deux raisons principales : la Chine est encore basée sur un modèle d’exportation et les crises des pays occidentaux ont une répercussion immédiate sur la croissance chinoise. L’économie du pays ne reposant pas encore suffisamment sur son marché intérieur.

Par ailleurs, la Chine souhaite passer d’une économie des industries lourdes à une économie de services pour faire évoluer son modèle et le rendre plus qualitatif. Cela va contribuer à rendre sa croissance à venir plus équilibrée. Un officiel chinois lors d’un déplacement en France a ainsi évoqué :

l’Europe a réussi sa révolution industrielle, ces 30 dernières années nous nous sommes développés sur votre modèle et nous avons échoué, le prix à payer est trop cher au niveau environnemental et humain. Mais l’Europe est en train de rater sa révolution verte, et nous allons réussir la notre .

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Quotidien Chinois

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