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Archive for the ‘Témoignages’ Category

Pour Sophie Brochu, la PDG de Gaz Métro, le capitalisme « ne repose pas sur la rentabilité des entreprises, mais sur leur acceptabilité sociale ».

Dans l’esprit de Sophie Brochu, PDG de Gaz Métro, les entreprises ont le devoir de travailler autant à leur rendement social et environnemental que financier. Pour sauver le monde, mais aussi le capitalisme.

« Le système s’en va dans le mur, et pas mal plus vite qu’on le pense. La mondialisation a été globalement positive, mais elle a été désastreuse pour certaines classes de gens, pour lesquelles on n’a rien fait, dit l’économiste de 54 ans. Le Brexit et l’élection de Trump sont des avertissements. »

Celle qui a interviewé Barack Obama lors de son passage à Montréal, en juin, affirme « ne pas avoir beaucoup d’intérêt pour les rendements trimestriels. Moi, ce qui me branche, c’est la trajectoire de l’entreprise, de la société, de l’humanité, de l’environnement. »

« En 2017, on entre dans une nouvelle ère où les robots informatiques et l’intelligence artificielle vont remplacer de beaux emplois, comme technicien juridique ou vérificateur comptable. Ça va être un bain de sang dans certaines catégories sociales. Ce sera certainement bon pour le bilan des entreprises à court terme, mais si on ne réfléchit pas à ce qu’on va faire pour recaser ce monde-là, c’est tout le système qu’on affaiblit. »

Et c’est pourquoi Sophie Brochu juge le système capitaliste beaucoup plus fragile qu’on le croit. « Parce qu’il ne repose pas sur la rentabilité des entreprises, mais sur leur acceptabilité sociale. Trouver l’équilibre entre les besoins de l’entreprise, de la société et de l’environnement est très difficile, mais nécessaire. »

À Gaz Métro, Sophie Brochu explique que son travail consiste à « optimiser » le rendement — financier, social, environnemental — plutôt qu’à maximiser le profit.

« Entendez-moi bien : je suis très compétitive. J’aime gagner mes appels d’offres. Mais est-ce qu’il faut toujours aller à la jugulaire ?

L’acceptabilité d’une décision d’entreprise, c’est comme une transaction sociale. Pour y arriver, Gaz Métro est prête à renoncer à des points de pourcentage de rendement. »

Elle insiste sur le fait que l’action sociale des entreprises ne doit pas se limiter à la philanthropie.

« Quand je vois des entreprises qui créent un service de la “responsabilité sociale”, ça m’arrache le cœur. La responsabilité sociale, ça devrait habiter tout le monde. »

Néanmoins, Sophie Brochu récuse un certain discours anticapitaliste qui diabolise les entreprises.

Parce que beaucoup d’entre elles sont très actives socialement, même si elles ne le publicisent pas. Et parce qu’une économie en croissance est la condition essentielle pour améliorer le niveau de vie et protéger l’environnement.

« L’entreprise n’est pas en dehors de la société : on est tous dans le même bain et on se lave tous avec la même eau. En cas de récession grave, la première chose qui va “prendre le bord”, c’est l’environnement. »

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La RSE participe d’un mouvement très vaste qui, pour le résumer en une phrase, affirme qu’il faut que l’Homme cesse de croire qu’il est « hors-sol », qu’il vit au-dessus de la réalité naturelle, qu’il n’en fait pas partie intégrante, qu’il n’a de compte à rendre à rien ni personne, et qu’il est « la mesure de toute chose » comme le proclama Protagoras d’Abdère et, après lui, toute la Modernité depuis René Descartes.

Un article de Marc HALEVY Philosophe et physicien

Deux affirmations s’opposent avec véhémence : celle de la Bible hébraïque qui dit que l’Homme est mis dans le Jardin « pour le servir et le protéger » et celle de Descartes qui affirme que l’Homme a droit et devoir de « maîtriser et posséder » la Nature.

Deux visions diamétralement opposées se collettent dans ces assertions : celle de l’Homme dans la Nature et celle de l’Homme au-dessus et contre la Nature.

Cette deuxième vision a pu faire illusion pendant ces siècles passés où les hommes étaient bien peu nombreux sur Terre (cent millions en l’an 0 et un milliard en l’an 1800). Tous les pillages et saccages de l’Homme étaient bénins et notre Gaïa avait encore suffisamment de forces et de réserves pour réparer les dégâts humains. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. En moins de deux siècles, les activités économiques humaines ont consommé 80 % du total des ressources non renouvelables que notre planète avait patiemment accumulées durant des milliards d’années.

L’Homme n’est plus la mesure de toute chose ! Il ne peut plus se croire au-dessus des réalités naturelles ! Malgré les illusions qu’alimente la vie urbaine déconnectée de la grande et vraie Vie, l’Homme doit comprendre qu’il ne vit pas « hors-sol ».

La RSE tend à renouer les liens qui doivent unir l’entreprise à son environnement social et naturel. L’entreprise non plus, ne fonctionne par « hors-sol ». Elle est constamment traversée de flux que lui fournissent la communauté humaine et le milieu naturel.

Pour comprendre les linéaments de ce changement de paradigme, l’expression RSE offre trois mots-concepts : Responsabilité, Sociétale et Environnementale

Responsabilité

Philosophiquement, l’idée de responsabilité est indissociable de celle de liberté. Qui n’est pas libre, ne peut être responsable. On ne peut être responsable que de ce que l’on choisit et décide de faire ou de ne pas faire.

Si c’est la loi étatique qui impose, directement ou indirectement, des obligations sociétales et environnementales, on ne peut plus parler de responsabilité des entreprises.

Le soupçon murmurant que les patrons doivent être contraints par l’État pour faire ce qui est bien, est proprement insupportable. Je connais bien plus de politiciens véreux et cyniques que de patrons salauds ou voyous.

Sociétale

Toute entreprise est une personne morale aux yeux du Droit. Une personne, donc, comme les autres, comme vous et moi. Un organisme vivant inscrit dans un tissu serré des relations avec la société civile. Une de ces relations est, bien sûr, la relation d’emploi : relation qui peut être respectueuse ou méprisante, épanouissante ou aliénante, joyeuse ou maussade… Le vent managérial souffle aujourd’hui vers une relation d’emploi fondée sur la collaboration, sur la responsabilisation, sur l’autonomie (qui n’est pas indépendance mais interdépendance). Au-delà de la relation d’emploi, il y a aussi toutes les autres relations de voisinage avec leurs synergies à développer et leurs nuisances à atténuer.

Environnementale

Toute entreprise est aussi un organisme vivant inscrit dans la trame de la Vie sur Terre, par les ressources qu’elle consomme, par les déchets qu’elle rejette. Il faut rappeler que toute activité économique est soumise à la loi d’airain du second principe de la thermodynamique qui dit que tout rendement est toujours inférieur à un. C’est-à-dire que pour produire quelque chose, on détruit plus que l’on ne produit. Les ressources devenant rares et notre mère Gaïa étant bien mal en point, il est essentiel de replacer la relation avec la Nature au sommet de nos priorités au travers du principe de Frugalité.

Vers une conclusion

Le problème n’est plus de promulguer lois, décrets et réglementations. Toute loi est contournable par les voyous. Le problème est de construire une prise de conscience. Le choix est : rendre la vie viable et vivable – ou pas – pour nos petits-enfants et leurs enfants

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Et si chacun d’entre nous était constamment noté pour toutes les actions et interactions réalisées au quotidien ? Et si, demain, ce système de notation générait une nouvelle hiérarchie sociale ?

Simple dystopie ? Pour en savoir plus sur une possible « ère de la notation », interview de Laurence Allard, sociologue des usages numériques.

La notation est au cœur d’un épisode de la série Black Mirror, sur lequel vous avez débattu à l’occasion d’un colloque. Pouvez-vous nous résumer en quelques mots le « pitch » de cet épisode ?

Laurence Allard : L’épisode dépeint une société dans laquelle les individus, leurs relations sociales et leurs comportements sont constamment évalués par les autres. La stratification sociale et socio-économique que connaissent nos sociétés se trouve déclinée ici sous une nouvelle variante qui est l’évaluation interpersonnelle.

La généralisation fictionnée de l’évaluation personnelle construit à une échelle de plus dans la hiérarchie sociale. En fonction de sa note personnelle, on a accès (ou pas) à certains types de logements, de transports, etc. Cette notation permanente entraîne un monde consensuel, aussi lisse que la surface des écrans sur lesquels les individus sont notés.

Si ce scénario est une « métaphore de la réalité », pouvons-nous dire, alors, que nous sommes dans une « ère de la notation » ?

L.A:Effectivement… De manière schématique, on pourrait dire que cette « ère de la notation » s’inscrit dans un historique de la recommandation. La première étape date d’une dizaine d’années, avec l’apparition de marketplaces comme Amazon ou Ebay. L’idée était alors d’évaluer des services et des prestations pour les recommander à d’autres consommateurs.

Il y a environ 5 ans, des applications comme Tripadvisor ou La Fourchette vont elles aussi faire apparaître des notations par le biais d’une moyenne, agrégation des notations individuelles. Mais il ne s’agit pas encore de noter des individus ou des comportements.

Il s’agit de la 3ème étape, que nous vivons actuellement, avec des applications comme Uber bien sûr, Blablacar ou Airbnb. On passe alors de la notation des biens à celles des personnes. On entre en quelque sorte dans une ère de la notation, comme Black Mirror le met en fiction notamment.

Ce type de scénario pose clairement la question de la vie privée à l’heure du tout connecté… Demain, peut-on envisager un monde de transparence totale au détriment de la vie privée ?

L.A:A partir du moment où l’on est présent sur Internet, on laisse des traces, volontaires ou non. Elles disent quelque chose de nous, de notre consommation, de nos activités, mais il ne s’agit que d’une sorte de reflet déformant et déformé.

Une personne ne se résume pas à ses activités sur le net. A titre d’exemple, le like de Facebook est très polysémique : on peut liker une page par simple curiosité, sans forcément adhérer au message qu’elle propage.

Là ou une série comme Black Mirror fonctionne très bien, c’est qu’elle donne à voir un monde qui systématise les travers et menaces de la société contemporaine, sans pour autant donner les armes pour s’en prémunir.

Cette réification des machines, des algorithmes, des robots, surestimés et mythifiés, met bien en lumière l’impuissance de nos contemporains face à ce qui est vu comme la puissance des machines.

Justement : comment intégrer, en amont de leur création, les indispensables questions morales et éthiques concernant de tels réseaux ou services ?

L.A:Plusieurs pistes sont, selon moi, envisageables. D’abord, il faut

  • continuer à veiller à découpler la dimension objective et la dimension subjective de la notation.
  • éviter la centralisation des outillages et des data aux mains de quelques-uns.
  • favoriser le chiffrement des accès et des données pour sécuriser l’encodage de ce qui est transmis via ces applications.

Enfin, il y a une véritable question d’inclusion :

il faut veiller à ne pas modeler ces hiérarchies socio-numérique sur les hiérarchies sociales existantes, faire attention à ce que ces nouveaux usages ne renforcent pas les discriminations existantes, la fracture numérique.

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Pierre Rabhi est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier, La Convergence des consciences (Le Passeur), a été publié fin 2016.

Son rapport à la nature et au vivant est indissociable de son rapport au temps.

Interview de Anne-Sophie Novel

A 78 ans, vous vous dites fatigué et confiez ne pas arriver à lever le pied. Comment vivez-vous ce temps que vous passez à écrire, parler, sensibiliser ?

Disons que je ne tiendrais pas le coup si je n’étais pas engagé dans des enjeux gravissimes (la faim dans le monde, la destruction de l’environnement, etc.). L’humanité est folle et la planète est entre des mains inconscientes… Comme l’a prouvé le scientifique Pierre Teilhard de Chardin dans Le Phénomène humain, notre présence sur terre est fort récente et seule l’humanité a su introduire de la dualité dans la réalité terrestre… Tout cela pour des raisons imbéciles, spécieuses, et de surcroît avec des déséquilibres profonds, notamment entre masculin et féminin !

Votre vision n’est pas très optimiste…

L’évolution générale n’est pas bonne, même s’il y a de petits progrès de-ci de-là… Nous sommes capables de toutes sortes de prodiges et de prouesses techniques et technologiques, mais à force de mobiliser notre génie sur la destruction et la mort, nous retournons cette prodigiosité contre nous. La question est de savoir pourquoi nous sommes dans cette contradiction et comment nous nous sommes installés dans cette ornière.

Il s’agit aussi de savoir si nous avons le temps de changer la donne. Comment appréhendez-vous cette question du temps ?

Depuis l’origine de l’humanité, le temps est indexé sur le temps cosmique (les saisons, le rythme du vivant), raison pour laquelle je peux renoncer à beaucoup de choses, sauf à mon jardin, qui me reconnecte à cette temporalité. J’ai aussi appris à m’écouter : revenir à son corps et à sa respiration permet de garder la vraie cadence de la vie.

Le tout consiste à échapper à la frénésie dans laquelle notre société est entrée : quand la logique de profit accélère le temps pour des finalités stupides, la société ne crée plus de joie et l’on recourt aux anxiolytiques pour atténuer notre mal-être. Cette frénésie est presque une épidémie généralisée… On est tombé dans cette anomalie pour gagner du temps, mais cette normalité nous piège maintenant.

Le retour à la terre et la permaculture, dont on parle beaucoup aujourd’hui, nous permettraient donc d’apaiser notre rapport au temps ?

Oui ! Le jardin oblige à la patience, car on ne peut semer aujourd’hui et récolter demain. Certains moyens artificiels accélèrent le processus, mais le vrai temps, celui qui est ponctué par la respiration ou les battements du cœur, est le seul à procurer un sentiment d’éternité. De même, la civilisation agraire imposait un temps différent de celui de la société industrielle dans laquelle les gens acceptent d’être enfermés dans des villes, d’être enfermés toute leur vie dans des boîtes, dans un espace où le soleil se lève et se couche pour rien. C’est à se demander s’il existe une vie avant la mort.

Vous affirmez dans votre livre être convaincu qu’il n’y a pas de changement de société sans profond changement humain, et qu’il nous faut ensemble prendre conscience de notre inconscience. Mais a-t-on le temps d’attendre cette prise de conscience ?

Il y a un moment où chacun de nous est ramené à l’espace de liberté où l’on peut exercer sa spontanéité, sa liberté… C’est pour cette raison que nous avons créé le mouvement Colibris (association fondée en 2007 qui mobilise « pour la construction d’une société écologique et humaine »). Et c’est pour cette raison que j’ai organisé ma vie avec une cohérence de pensée et de conviction, car c’est par l’exemple et la cohérence qu’on arrive à convaincre. Le problème est surtout de savoir si nous sommes capables de changer les choses, de créer un autre espace-temps et de sortir du système esclavagiste qui nous est imposé.

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Sébastien Henry : L’ex Businessman Philanthrope Qui Fait Méditer Les «Décideurs»

Ce businessman brillant et philanthrope, adepte de la méditation depuis plus de 15 ans, passionné par la dimension humaine du management, a revendu en 2011 sa boite de Hong-Kong et ses filiales asiatiques pour se consacrer à la méditation en entreprise : un pont entre Business et Sagesse pour les dirigeants du CAC 40. Et pas que !

« Je gagnais très bien ma vie et le succès était là. Mais quelque chose tournait à vide…. Je perdais ces valeurs de partage et de solidarité qui m’avaient animé dans mes engagements en tant qu’étudiant. Et lors de mes méditations quotidiennes, j’ai réalisé que j’avais délaissé une valeur essentielle : ma contribution à la société. J’ai alors revendu ma boite à mon associé en 2011 et depuis, je retrouve ces valeurs dans les différentes actions que je mène » raconte d’une voix aussi posée qu’affirmée Sébastien, 44 ans et père de deux jeunes enfants.

Son background résume bien son fil rouge : « La dimension humaine du management » comme aime dire ce savoyard philanthrope pour qui l’engagement sociétal est au cœur de sa vie  professionnelle.

Envoyé en Asie pour le groupe Lafuma, il prend en charge les ventes en Asie puis la direction de la filiale Chine.

« Je n’adhérais pas à la façon dont l’entreprise et le personnel étaient managés. Après cette expérience, j’ai décidé de ne plus jamais être salarié ».

Un CA de 3 millions de Dollars

Rattrapé par sa fibre entrepreneuriale et son éthique, Sébastien quitte Lafuma et co-fonde à 32 ans à Hong Kong Progress U : une entreprise de conseil en développement du leadership.

« Avec mon associé, nous avions cette même envie de mettre plus de sens et d’humanité au sein de l’entreprise. Il y avait de tels besoins en management et leadership que nous avions beaucoup de clients dont la moitié du CAC 40».

Le succès est là, avec création de filiales à Tokyo, Singapour, Shangaï… Sébastien accompagne des centaines de cadres dirigeants et réalise un CA annuel de 3 millions de dollars.

Mais l’argent est loin de faire son bonheur et ce savoyard, déjà adepte de la méditation concède :

« Je jouais à fond la logique du monde des affaires : toujours plus fort, plus vite et plus grand. Maintenant, je cherche à avoir l’impact positif le plus fort possible dans la société ».

Nul hasard donc à ce qu’il soit revenu à ses premières amours : l’engagement sociétal. Une fibre qu’il a toujours eue.

Des sans-abris aux dirigeants du CAC 40

Sans-abris, jeunes délinquants, enfants, personnes en fin de vie… Sébastien va à la rencontre « en profondeur de personnes dont on n’entend jamais la voix ».

Pour lui, travailler exclusivement avec des dirigeants du CAC 40 sans voir le reste où les besoins sociétaux sont criants n’aurait pas de sens.

Chaque semaine, il consacre ainsi du temps pour un projet d’école sur le modèle des « Forest Schools », l’accompagnement des personnes en fin de vie, et le développement d’une association partageant la pratique de la médiation avec des personnes en situation vulnérable (prison, sans abri…)… Et des dirigeants du CAC 40.

Ce qui l’intéresse dans l’entreprise, « c’est son potentiel créatif pour inventer de nouvelles formes de business plus conscientes et au service du bien commun ».

Moins de stress, plus de créativité

Ce qu’il constate avant tout, c’est la pression constante et la perte de sens du travail.

« La priorité absolue donnée au profit, le temps passé devant les écrans, la pression pouvant mener au burn-out, traduisent la souffrance de nombreux salariés et dirigeants aussi».

Une réalité qui ne peut être que néfaste pour les entreprises.

Quand il a publié « Ces décideurs qui méditent et s’engagent. Un pont entre business et sagesse » (Ed. Dunod, 2014), Sébastien a rencontré une soixantaine de grands dirigeants particulièrement soumis à la pression et susceptibles de perdre de vue le sens de leur travail.

« Peu à peu, la pratique de la méditation leur a énormément apporté. Ils ressentent moins de stress, ont une plus grande capacité à rester concentré, se disent plus bienveillants, plus créatifs, se retrouvent moins au cœur de conflits. Le climat de travail est beaucoup plus sain ».

Ainsi, Sébastien accompagne des dirigeants et managers qui veulent concilier « leur exigence de performance et leur recherche de sens et de sérénité ». Et propose des sessions « méditation et leadership », en individuel ou collectif au sein des grands noms de l’économie française.

Comme en témoigne Bénédicte Lepère, DRH de l’activité benefits & rewards worldwide de Sodexo : « J’avais la conviction que la méditation en entreprise pouvait apporter quelque chose à nos collaborateurs. Sébastien Henry, qui a travaillé à comprendre notre entreprise, a construit un programme en utilisant des mots de notre quotidien.

Il a ainsi rendu la pratique de la mindfulness lisibleSuite à cette session, nous avons constaté une amélioration positive de + 27 % sur le bien-être au travail et + 14 % sur la capacité à être dans le moment présent ».

« Le moment présent et la distanciation » : deux éléments clés de la méditation qui peuvent aider les patrons à prendre les bonnes décisions, sans foncer tête baissée ou avec le stress de la performance à tout prix.

Doit-on rappeler que des grands noms de l’économie mondiale comme Steve Jobs,  Oprah Winfrey, Larry Brilliant ou Rupert Murdoch méditent et avouent que cette pratique a optimisé leurs performances à tous points de vue ? Que  Google a tout un programme d’apprentissage de la méditation et de l’intelligence émotionnelle à destination de ses employés ?

Des « monastères laïcs des temps modernes »

 Si Sébastien ne souhaite pas communiquer le nom des dirigeants et entreprises qu’il « coach », il affirme que « la demande est croissante ».

Et face à ce besoin, ce spécialiste de l’accompagnement envisage de créer prochainement des « monastères laïcs des temps modernes »  proches des métropoles économiques du monde.

« Ces lieux, qui se veulent des ponts entre une forme de sagesse et les affaires ont vocation à inviter les décideurs à revenir à l’essentiel. Par des techniques simples mais éprouvées, ils pourront se reconnecter à eux-mêmes et à la nature, mettre le sens de leur action au cœur de leur réflexion, et redéfinir en conséquence leurs priorités afin de repartir dans l’action en lui donnant une portée et une qualité nouvelle ».

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forbes

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Valerie Cabanes - Jardins du Palais Royal - 160616

Après un épisode de pollution particulièrement long, le gouvernement a présenté samedi de nouvelles mesures pour améliorer la qualité de l’air.

Mais certains spécialistes de l’environnement pensent que la gravité de la situation nécessite de passer à l’échelon supérieur en créant un crime d’écocide, ou de destruction de l’écosystème.

Pour Valérie Cabanes, juriste en droit international, porte-parole du mouvement End Ecocide on Earth

« Il faut inscrire l’écocide dans le droit pénal international »

Extrait de son interview 

L’écocide, c’est le fait de détruire des biens communs planétaires et des systèmes écologiques vitaux.

Quel est l’intérêt d’inscrire cette notion dans le code pénal et dans le droit pénal international ?

C’est de permettre, par le droit, de poser des limites contraignantes à nos activités industrielles pour garantir la sûreté de la planète. Il s’agit de reconnaître des droits à l’écosystème terre afin qu’il puisse se maintenir dans un état propice à la vie et à l’humanité.

Il faut, face aux menaces climatiques, environnementales et sécuritaires qui pèsent sur notre avenir commun, corréler les droits humains aux droits de la nature afin de pouvoir protéger non seulement les conditions d’existence des populations actuelles, mais aussi celles des populations à venir.

Actuellement, la plupart des accords internationaux comme celui de Paris ne sont pas contraignants ; les gouvernements ne sont pas sommés de stopper leurs subventions aux énergies fossiles. Il n’existe pas non plus d’obligations posées aux multinationales, elles peuvent donc agir en toute impunité.

Inscrire l’écocide dans le droit pénal international permettrait de passer au-dessus de la souveraineté des États au nom d’un intérêt supérieur commun, puisque la compétence de la Cour pénale internationale se veut universelle. Cela ouvre la possibilité de poursuivre des personnes physiques comme des chefs d’État ou des dirigeants d’entreprises et d’influencer ainsi le processus décisionnel.

Aujourd’hui, les amendes au civil ne suffisent plus pour discipliner les choix stratégiques des grands groupes. Ils n’amorcent pas assez rapidement la transition énergétique nécessaire.

En France, nous sommes en avance. Le préjudice écologique est inscrit dans le code civil, on reconnaît donc, sans l’affirmer, le droit à des écosystèmes d’être protégés et restaurés. Et la Charte de l’environnement est adossée à la Constitution.

C’est un levier important pour rappeler à l’État son devoir de protection des populations en lien avec la protection de l’environnement. Enfin, dans le cadre de la loi sur la justice du XXIe siècle, les actions de groupe sont désormais envisageables concernant la santé et l’environnement.

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la-croix

 

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siham-rizkallahÀ l’occasion de la Journée mondiale de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), le 25 septembre, plusieurs questions se posent concernant la situation de la RSE au Liban et les perspectives de son évolution.

Siham RIZKALLAH Maître de conférences à l’Université Saint-Joseph nous propose son analyse.

Tout d’abord, il faut savoir que le concept de la RSE amène l’entreprise à dépasser l’objectif économique traditionnel ultime qui consistait en la maximisation du profit, afin de prendre en considération les répercussions sociales et environnementales de ses activités ainsi que sa contribution au développement durable.

L’idée-clé de ce concept estime qu’actuellement la réussite d’une entreprise est fortement liée à l’attention qu’elle accorde à ses parties prenantes, c’est-à-dire aux entités et personnes avec lesquelles elle a des relations contractuelles.

Selon la Commission de l’UE, être socialement responsable ne se limite pas à respecter les lois en vigueur qui sont indispensables pour éviter les poursuites devant les tribunaux, mais nécessite d’investir davantage dans les relations avec les parties prenantes, environnement, capital humain…

Dans les pays arabes… beaucoup d’obstacles persistent au niveau de la réalisation des résultats souhaités.

Sachant que les résultats indispensables en matière de développement durable ne peuvent être réalisés qu’en collaboration entre les trois entités : les entreprises du secteur privé, les organisations non gouvernementales (ONG) et les institutions publiques…

Quant au Liban, l’introduction récente de la RSE a résulté en une initiative volontaire prometteuse de la part de plusieurs entreprises privées. Toutefois, récemment, Libnor (institution publique attachée au ministère de l’Industrie au Liban et également membre d’Iso internationale) a lancé un projet important sur la responsabilité sociale des entreprises sur la période 2011-2014.

Ce projet « officiel » d’introduction de la RSE s’inscrit dans le cadre d’un programme plus large adressé à la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) pour l’introduction et l’application des critères Iso 26000.

Il a été financé par l’Agence suédoise internationale pour le développement (ASDI) pour introduire les critères Iso 26000 de la RSE dans 8 pays arabes pilotes dont le Liban en plus de l’Algérie, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie, le Maroc, la Tunisie et la Syrie (parmi lesquels 2 pays se sont retirés : la Syrie et l’Irak).

Jusqu’à présent, la collecte d’informations sur la RSE au Liban est difficile, les initiatives privées et leur évaluation sont faites librement par les entreprises. De plus, contrairement aux pays arabes où la promotion de la RSE se base sur l’intervention de l’État qui l’encadre et l’oriente, c’est le secteur privé qui prend l’initiative au Liban par des efforts individuels et dispersés en l’absence de tout encadrement de la part de l’État ou toute mesure incitative.

Une enquête menée par l’auteure auprès de plusieurs entreprises engagées dans des projets de RSE au Liban montre la faiblesse du Liban dans ce domaine par rapport à plusieurs autres pays de la région en raison de plusieurs obstacles qui empêchent l’institutionnalisation et le développement de la RSE.

Si l’initiative du secteur privé libanais en matière de RSE est prometteuse, plusieurs difficultés empêchent aujourd’hui son évolution…

L’absence de dialogue entre le secteur privé et le secteur public sur ce thème actuel qui est au centre des débats socioéconomiques à l’échelle régionale et internationale, la dispersion des données concernant la RSE au Liban, le manque de collaboration entre les entités concernées (chercheurs, professionnels, ministères, syndicats…) et par la suite le faible lobbying de la part des acteurs de la société civile ne font que ralentir le processus de la RSE…

Il est vrai que la situation actuelle au Liban met en relief d’autres dossiers prioritaires (le dossier présidentiel et électoral, le blocage des institutions publiques, l’assistance indispensable aux réfugiés…).

Toutefois, les défaillances de l’État surtout à répondre aux besoins sociaux et environnementaux croissants exigent des efforts plus pertinents pour inciter davantage le secteur privé à intervenir auprès des acteurs de la société civile pour assurer le succès de la RSE au Liban.

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lorient-le-jour

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